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Le sepsis, grande cause nationale

On estime que le sepsis atteint chaque année près de 50 millions de personnes dans le monde et occasionne plus de 11 millions de décès, dont 57 000 en France[1,2] (autant que l’infarctus du myocarde). Ce fléau n’en est pas moins resté presque ignoré du grand public et n’était pas considéré, jusqu’à une date récente, comme une priorité de santé publique. Avec les nombreux décès de sepsis liés à la COVID 19, la pandémie que nous traversons a brutalement rappelé que le risque infectieux n’appartient pas au passé, venant renforcer l’impératif de replacer le sepsis au cœur des enjeux de la politique de santé.


Le sepsis est grevé d’une importante mortalité, de plus de 25 % globalement, jusqu’à 50 % dans le choc septique.[1,3] De lourdes séquelles peuvent affecter les survivants.[4] Une part importante de ces décès et de ces séquelles sont pourtant évitables. Les deux facteurs­ clefs du pronostic sont parfaitement connus :

la précocité du diagnostic et du traitement: chaque heure compte

l’adéquation de l’antibiothérapie, qui doit être efficace d’emblée sans majorer en pure perte le risque de multirésistance bactérienne.


La prise en charge du sepsis constitue également un coût important dans les dépenses de santé,
avec une durée moyenne de séjour de 9 jours[5,6]
et un coût moyen de 16 000€[2] par hospitalisation.




L’OMS a lancé en 2017 un appel à tous les états membres pour combattre le sepsis. La France est résolument partie prenante de cette démarche. Sous l’égide du Ministère de la santé, de l’Inserm, de l’Institut Pasteur, avec la participation de nombreuses sociétés savantes médicales et académiques, un groupe de travail pluridisciplinaire (réanimation, urgences, microbiologie, hygiène hospitalière…) s’est constitué en septembre 2018 autour d’un énoncé en forme de cri de ralliement : « Sepsis – Tous unis contre un fléau méconnu». Le rapport commandé par le Directeur général de la santé et coordonné par le Pr Djillali Annane, chargé de mission, a été remis en septembre 2019 et publié sur le site solidarites-sante.gouv.fr. Ses préconisations représentent la « feuille de route » des actions à entreprendre à toutes les étapes du parcours de soins.[8]


Il est temps d’agir. Il s’agira,entre autres :


d’optimiser la démarche diagnostique et thérapeutique,

de former les personnels soignants

de renforcer les compétences médicales,

de développer des unités de soins intensifs bien équipées, adossées à un plateau technique performant…


Ces mesures n’atteindront leur efficacité que si elles tirent pleinement parti des progrès considérables accomplis ces dernières années grâce à l’innovation en matière de diagnostic. Comme bien d’autres spécialités médicales, la microbiologie connaît une profonde révolution technologique grâce à la robotisation, la biologie moléculaire, la spectrométrie de masse, les biomarqueurs, la création d’interfaces avec les dossiers cliniques… et recueille les premiers bénéfices d’applications d’intelligence artificielle. Des outils comme le panel FilmArray® BCID pour les hémocultures sont emblématiques de cette microbiologie du futur, en mettant au service des biologistes et des patients des méthodes d’avant­-garde à la fois rapides, précises et faciles à utiliser, y compris au lit du patient. Pour encourager les établissements de santé à se doter des compétences et des équipements qui sous­-tendent ces progrès, une réflexion se met en place pour labelliser dans l’ensemble du territoire les performances de leurs capacités de diagnostic.


Maîtriser l'antibio-résistance


La lutte contre le sepsis est indissociable d’un autre enjeu majeur de santé publique, la maîtrise de l’antibiorésistance. Un programme ambitieux a été lancé en France en 2016, en conformité avec les résolutions de l’OMS et de l’Union européenne. Ici encore, le rôle du laboratoire de microbiologie se révèle essentiel à plusieurs titres:


détection très précoce de l’antibiorésistance ;

transmission rapide aux cliniciens de l’antibiogramme qui conduira à un réajustement rapide du traitement, le cas échéant;

moindre recours aux antibiotiques à très large spectre souvent prescrits dans l’attente de l’antibiogramme.


Pour relever ces défis, les établissements de santé devront peu à peu renforcer
à la fois les compétences humaines et les performances de leurs outils de diagnostic, en se dotant d’une solution globale performante 24h/24 et 7j/7. Le taux de survie des patients septiques en dépend.



Mise en ligne : 09/09/2021 / IW-EC-FR-SEPTEMBRE 2021-0060
Auteur : Dr Christian Cattoen (CH Valenciennes). Remerciements : Dr Nicolas Ettahar (CH Valenciennes). Rédaction : Martine Lenoble. Liens d’intérêts : Dr Christian Cattoen (CH Valenciennes) : contrat d’expertise (bioMérieux). Directrice de Clientèle : Noëlle Croisat, Éditions John Libbey Eurotext, 07 63 59 03 68, noelle.croisat@jle.com. Chef de projet : Valérie Toulgoat, valerie.toulgoat@jle.com. Conception graphique : Stéphane Bouchard. Crédits photo : ©bioMérieux. Document réservé à l’usage exclusif du corps médical. Dépôt légal : ©John Libbey 2021. La publication de ce contenu est effectuée sous la seule responsabilité de l’éditeur et de l’auteur. Ce document est diffusé en tant que service d’information aux professionnels de santé par bioMérieux.

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